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11.05.2009

La consommation durable, un remède anti crise ?

conso durable.jpgLa consommation durable, un remède anti crise ?

La crise qui frappe déjà depuis des mois l'économie mondiale a été le révélateur rapide de tendances que nous avions mises en lumière depuis la création des Marchés du futur mais qui restaient en évolution lente et peu visibles. Alors que l'on parle chaque jour de développement durable, celui-ci commence à faire sens dans le quotidien d'un nombre toujours plus important de consommateurs mais aussi d'entreprises. Pourtant dans les actes, les comportements durables restent encore l'affaire de certains groupes sociétaux. Bienvenue dans le monde de la consommation durable, responsable et équitable !

L'enquête (1) lancée par Ethicity et menée par TNS media intelligence en février et mars 2009, nous donne l'éclairage  nécessaire pour mieux appréhender les évolutions en marche.

Consommer moins versus consommer mieux...

Selon les résultats de l'enquête sur la consommation durable menée par Ethicity,* près de 80 % des personnes interrogées assimilent la consommation responsable au fait de consommer moins (+23 points par rapport à l'étude 2006), et non de consommer « mieux » (seuls 21,6 % le pensent, en baisse de 17 points par rapport à 2006).

L'inquiétude croissante pour les enjeux environnementaux, notamment la pénurie d'eau et le réchauffement climatique, conduit plus des 3/4 d'entre eux à estimer que « le développement durable est une nécessité », mais sans l'assimiler pour autant à une « nouvelle forme de croissance économique ». Au contraire, cette affirmation perd même 22 points par rapport à 2004, pour ne concerner que 38,1 % du panel.

Des consom'actions au service de l'environnement...

Le DD répond avant tout aux questions environnementales pour 75,7 % du panel, et aux questions sociales pour seulement 37,3 %. Là encore, l'opinion recule de 12,8 points par rapport à 2004. S'agissant de leur pouvoir de consom'acteurs, les français en sont de plus en plus conscients et estiment que leur choix de consommation peuvent entrainer un changement positif au niveau environnemental (69,3 %) social (40,3 %) et économique (51 %). Pour autant, les plus engagés - qui affirment faire régulièrement des achats responsables- ne sont pas plus nombreux en 2009 et se situent toujours autour de 20 %, tandis que 66 % affirment consommer des produits durables « de temps en temps ». Enfin, le boycott n'est plus une pratique réservée aux militants : ils sont presque 30 % à affirmer « faire attention » à ne pas acheter de marques d'une entreprise dont ils réprouvent le comportement. Une pratique qui est également liée à la chute de confiance à l'égard des grandes entreprises : elle perd 11 points depuis 2006, ramenant à 37 % seulement la population qui leur « fait confiance ».

Mieux informer en toute transparence

L'étude 2009 d'Ethicity identifie pour les entreprises les grandes tendances à suivre : proposer des offres plus attractives aussi bien sur le prix que sur le contenu. 70 % de la population considère en effet que les produits et services de la consommation responsable « ne sont globalement pas attractifs », tant au plan du prix et de la qualité, que sur « l'impression d'agir » en les achetant. 75,7 % considèrent en outre - à tort ou à raison- que les produits de la consommation responsable sont plus chers que les produits classiques.

L'enjeu pour les entreprises consiste, à l'avenir, à donner plus d'information (51 % de la population ignore où acheter des produits responsables), de clarté (notamment sur les labels) et de transparence. Cet effort s'avère même indispensable pour lever les doutes et la défiance des consommateurs concernant la réelle « durabilité » des produits, dont la crédibilité est mise à mal par les allégations environnementales et le greenwashing(2). Etiquettes et labels en tout genre (bio, équitable, naturel, etc.) achèvent de rendre confuse une offre qui se multiplie et qui peut aussi décourager les consommateurs ...au profit d'un retour aux produits classiques.

Un produit responsable = un produit fabriqué localement ?

L'enquête d'Ethicity révèle également l'importance du local : l'origine des matières premières et le lieu de fabrication sont en effet « au cœur des attentes d'information sur les étiquettes pour 65,4 % de la population ». Ils sont, même, près de 30 % à considérer qu' « un produit responsable doit être un produit fabriqué localement ».

Urbains et cadres toujours en première ligne, mais un profil qui se rajeunit...

Le profil sociologique de la consommation durable, analysé par le Credoc (3) en 2007, montre qu'elle a progressé chez les jeunes mais qu'elle reste essentiellement pratiquée par les individus les plus « aisés » (cadres, diplômés du supérieur, revenus les plus élevés...) et les urbains. Par ailleurs, quand il s'agit d'achats durables, les Français sont principalement sensibles à deux grandes causes : le non-recours au travail des enfants (50 %) et la fabrication du produit en France (37 %). L'absence de pollution dans le processus de fabrication est citée en 3e position (26 %), juste avant le respect des conditions de travail des salariés (25 %). Enfin, si la consommation durable progresse, le premier critère d'achat reste la qualité, quasiment à égalité avec le prix. La question du pouvoir d'achat est en effet prédominante chez ceux qui ne pratiquent pas la consommation engagée, souligne le Credoc. En revanche, pour les convaincus, « les questions budgétaires sont bien moins centrales ». Le niveau de formation est, par contre, fondamental. "Le capital culturel des enquêtés explique donc pour beaucoup leur appétence à consommer ce type de produits, et ces différences sociales se sont maintenues, sinon renforcées, ces quatre dernières années », conclut l'enquête.

(1) Enquête réalisée par TNS MédiaIntelligence. Ré-interrogation d'un échantillon de 6000 individus âgés de 15 à 70 ans en auto administré par voie postale (retour 4500 individus) en mars 2009. Utilisation de l'échantillon SIMM 2008 pour Access Panel.

(2) Définition du dictionnaire de l'environnement : Le terme Greenwashing est un terme anglophone qui peut être traduit par verdissement d'image. Le terme Greenwashing est utilisé par les groupes de pression environnementaux pour désigner les efforts de communication des entreprises sur leurs avancées en termes de développement durable, avancées qui ne s'accompagnent pas de véritables actions pour l'environnement. A la notion de Greenwashing est opposée celle de publicité éthique. 

(3) CRÉDOC- Consommation et Modes de Vie, mars 2007

 

17:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires

Qui.. Le profil sociologique de la consommation durable

Ecrit par : Dominate Mafia Wars | 01.09.2009

besoin de verifier:)

Ecrit par : Nina_Tool | 21.09.2009

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